Palimpsest :

Something reused or altered but still bearing visible traces of its earlier form. Something having usually diverse layers or aspects apprent beneath the surface.

Palimpsests is a series of works started two years ago in parallel with my projects based on urban research.
The compositions are first of all assemblages of documents (invitation cards, leaflets…) collected mainly in contemporary art exhibitions (museums, galleries, biennales…). Visiting each week many exhibitions, I collect these elements that I then use for these works.
Thus, colors, patterns and some forms depend on the collected basic documents, it determines many elements of the composition.
On each work, a word emerges in the composition, installing a kind of play between forms, volumes and the meaning of the word itself. It functions as a title, more precisely like a subtitle, and as an element of the composition itself. In most of the works, the word is chosen with a very open meaning (e.g. Where, Ends, Over, Modal, Nothing, Matters, Motion), on the same level as the other elements, oscillating between image and abstract.
This work is strongly influenced by the aesthetics conveyed by contemporary graphic design, which is quite different depending on the cities where I worked. In the last 2 years, I have lived mainly in Seoul, but also in Taipei, Tokyo and Paris. Thus, these works which are abstract and geometric, are also mirrors of a local aesthetic environment. It is a way not to start on a white surface but rather of working with pre-existing visual elements.
Basically, the size of the works are small (20x30cm), which makes it possible to work in a nomadic way, everywhere and every day. In a second step, I choose some of them that I reproduce in large format, identically, on canvas in my studio. The fact that I first work on small format, every day and quite quickly, allows a greater experimentation and exploitation of the new documents I collect. Proceeding at the same time from collage, drawing and formal composition, the small format allows a strong experimentation, allowing the forms to evolve from one work to another. Thus, with the same concept and methodology, the compositions evolve a lot, depending on the documents I can find. It is at this initial moment that all the decisions in the compositions take place. So they are not preparatory works, the final large format paintings reproducing them exactly. The original small format works or the works on canvas can be presented indifferently according to the exhibitions.
An abstract geometric space is created using depth and perspective, confrontations of colours, textures, volumes, and where the composition is not closed, elements are not centered.
The visual references are indirectly a certain aesthetics of information to the internet area, elements appearing on these works can be seen as blocks of information or computer windows. However, in these works, these blocks, these fragments of images are abstract, they do not carry clear information, rather they form a space where these forms are moving, floating in a space that is static, open, fractured, compartmentalized rather than unified.

Julien Coignet, April 2020

Palimpseste

Manuscrit ou oeuvre dont l’état présent peut laisser supposer et apparaître des traces de versions antérieures.

Palimpsest est une série de travaux commencée il y a deux ans en parallèle avec mes projets basés sur des recherches urbaines. Les compositions sont tout d’abord des assemblages de documents (cartons d’invitations, dépliants…) collectés principalement dans des expositions d’art contemporain (musées, galeries, biennale…). Visitant chaque semaine de nombreuses expositions, je collecte donc ces sources que j’utilise ensuite pour ces travaux. Ainsi, les couleurs, les motifs et certaines formes dépendent des documents de base collectés, cela dicte beaucoup d’éléments de la composition.

Sur chaque travail, un mot émerge dans la composition, installant une sorte de jeu entre les formes, les volumes et le sens apporté par le mot. Il fonctionne comme un titre, où plutôt un sous-titre, et comme un élément de la composition à part entière. Dans la plupart des travaux, le mot est choisi avec une signification très ouverte (par exemple Where, Ends, Over, Modal, Nothing, Matters, Motion), au même niveau que les autres éléments, oscillant entre l’image et l’abstrait. Ce travail est fortement influencé par l’esthétique véhiculé par le graphisme contemporain qui est assez différent selon les villes où j’ai pu travailler. Dans les 2 dernières années, j’ai en effet résider principalement à Seoul, mais aussi à Taipei, Tokyo et Paris. Ainsi, ces assemblages qui semblent de prime abord abstraits et géométrique sont en quelque sorte un reflet d’un environnement esthétique local. C’est ainsi une manière de ne pas partir d’une surface blanche mais en quelque sorte de recycler des éléments visuels pré-existants. A la base, ces travaux sont de petite taille, ce qui permet de travailler de manière nomadique, partout et chaque jour. Dans un second temps, j’en choisis certains que je reproduis en grand format, à l’identique, sur toile dans mon atelier. Le fait de travailler d’abord sur petit format, chaque jour et assez rapidement permet une plus grande expérimentation et exploitation des nouveaux documents que je collecte. Procédant à la fois du collage, du dessin et de la composition picturale, le petit format permet une forte expérimentation formelle, permettant de faire évoluer les formes d’un travail sur l’autre. Ainsi, avec le même concept et la même méthodologie, les compositions évoluent beaucoup, dépendant des documents que je peux trouver. C’est à ce moment initial que se passent toutes les décisions dans la compositions. Ce ne sont donc pas des travaux préparatoires, les peintures finales de grands formats les reproduisant exactement. Les travaux originaux de petit format ou les travaux sur toile peuvent être indifféremment présentés selon les expositions.

Dans cette série Palimpsest, on est d’abord dans un environnement géométrique abstrait avec des confrontations de couleurs, de textures, de volumes, où la composition n’est pas fermée. Les références visuelles sont indirectement une certaine esthétique de l’information à l’aire de l’internet, à savoir que les éléments apparaissant sur ces travaux peuvent être vu comme des blocs d’informations ou des fenêtres informatiques. Cependant, dans ces travaux, ces blocs, ces fragments d’images sont abstraits, ils ne portent pas une information claire, ils forment plutôt un espace où ces formes se meuvent, un espace à la fois statique, ouvert, fracturé, compartimenté plutôt qu’unifié.

Julien Coignet, Avril 2020